Nos institutions brident-elles les débats nécessaires ?

Thomas Simonian | |
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Beaucoup d’entre nous ont été surpris la semaine dernière par la vigueur, pour ne pas dire plus, des débats au Parlement Européen. Dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne, Emmanuel Macron était donc invité dans l’hémicycle strasbourgeois à faire partager son plan de bataille pour les mois à venir … Mais il n’avait peut-être pas prévu que la campagne présidentielle française s’invite avec un panache discuté dans les débats. Yannick Jadot (EELV), Manon Aubry (France Insoumise), Jordan Bardella (Rassemblement National) et François-Xavier Bellamy (Les Républicains) ont ainsi pilonné en direct le chef de l’État. On a pu lire et entendre nombre de critiques sur ces prestations certes éclatantes, mais qui ont posé la question du respect de l’institution européenne. La toute nouvelle Présidente du Parlement, la maltaise Roberta Metsola, a d’ailleurs égratigné les députés français en leur rappelant que ce n’était « pas un débat national ». Elle dit objectivement juste … oui mais non … Pourquoi ?

Pas de face-à-face avec le Président

Nos institutions protègent le Président de la République sortant de la campagne présidentielle, ce qui pose question depuis 2000 et la réforme du quinquennat. L’entourage élyséen a déjà prévenu qu’ Emmanuel Macron ne participerait à aucun débat avant le premier tour. Cela signifie donc que nous allons voter sans que le sortant ait défendu publiquement son bilan face à ses adversaires … Nos institutions, sans doute usées à bien des égards, ne permettent pas ou plus un réel débat d’idées au travers du scrutin présidentiel. C’est donc pour cette raison que Yannick Jadot, Manon Aubry, Jordan Bardella et François-Xavier Bellamy ont saisi la balle au bond, ont profité à plein du cadeau qu’était la venue d’Emmanuel Macron au Parlement Européen. L’occasion était trop belle, mieux unique donc, pour avoir son moment warholien dans cette campagne présidentielle. Alors oui ces échanges ont été vigoureux, parfois insolents, mais étaient sans doute nécessaires car ils ont permis aux oppositions de s’exprimer directement et franchement face à Emmanuel Macron. N’oublions pas que là-aussi nos institutions font en sorte que le Président de la République ne puisse pas avoir de contact avec ses opposants durant cinq ans. Normal ? Sans doute pas. Un état de fait constitutionnel qui pose problème et qui explique pour partie les tensions actuelles dans la société. Le pouvoir élyséen est isolé, et la base ne sent plus écoutée, considérée. Nos institutions sont donc sans doute un peu (beaucoup?) responsables de cette France devenue une cocotte minute, prête à tous les dangers. Au risque de perdre encore plus grand comme nous le rappelait Gandhi : « Ce que la violence t’a fait gagner, une violence encore plus grande te le fera perdre. » Il y a donc de vraies questions à se poser, de vraies réformes à mener pour que notre démocratie se mette à mieux respirer.

« L’occasion était trop belle pour avoir son moment warholien dans cette campagne présidentielle »

Un peuple résiliant, mais qui s’interroge

Il y a un vrai paradoxe dans le contexte du moment, Covid oblige. Les Français sont apparus très résilients depuis de longs mois, disciplinés même. Pourtant, chacun connaît leur nature profonde. Ils sont contestataires, colériques et épris historiquement de libertés. L’épisode des Gilets jaunes est là pour nous le rappeler, tout comme la fronde actuelle du monde de l’éducation, ou bien encore le fort taux d’abstention dans tous les derniers scrutins. Nous sommes donc ainsi, faits collectivement de ce bois là. Or, là-aussi les institutions ne semblent plus être en adéquation avec une certaine réalité sociétale. Le peuple ne se sent plus écouté, encore moins représenté. Le Parlement a aujourd’hui des pouvoirs limités, et ne permet plus d’être un mégaphone écouté des souffrances du quotidien. Que faire alors pour se faire entendre ? Manifester, gueuler, casser parfois … ne plus aller voter. Il y a donc à la veille de cette élection présidentielle de vrais débats à formuler. Il y a aujourd’hui une vraie crise de la représentation politique qui ne peut perdurer, au risque d’un décrochage qui pourrait devenir irrémédiable et dangereux. Une question qui n’est pas soulevée dans les discours du moment alors qu’un Français sur deux ne se dit pas certain d’aller voter à la Présidentielle. Comme le disait le Monsieur Cyclopède de Desproges, « étonnant, non ? »

Quand la campagne française s’invite dans l’hémicycle européen

Taubira candidate, l’électeur a besoin de « Bison Futé »

Thomas Simonian | |
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C’est fait, l’ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira est officiellement candidate à l’élection présidentielle. Cette annonce a été faite samedi dernier à Lyon avec un discours concis, « marketé », finalement assez éloigné des sorties plus enflammées et surtout plus littéraires auxquelles celle qui restera à jamais associée au « Mariage pour tous » nous avait habituées. « Je veux prendre toute ma part contre la démoralisation, contre les discours de haine et les propos belliqueux, pour que nous puissions affronter ensemble le risque de dislocation sociale », a t-elle scandé au peuple de gauche. Oui mais voilà … Christiane Taubira n’est pas seule à avoir pris date à gauche pour l’échéance présidentielle. En effet, Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Anne Hidalgo (PS), Fabien Roussel (PCF) et Arnaud Montebourg sont déjà signalés sur la ligne de départ. Alors certes il existe de vraies différences programmatiques voire idéologiques entre certains protagonistes, mais n’était-ce pourtant pas le moment pour chacune des composantes de la gauche française de faire un pas vers les autres ? De faire des compromis ? Dans un moment de crise pour la gauche, il peut-être temps de mettre les égos au placard et d’offrir au pays une véritable opposition, une véritable force alternative … Il est d’ailleurs sain pour une démocratie comme la nôtre d’avoir une opposition digne de ce nom, qui permette un vrai débat de fond sur les sujets qui font société, car le risque est aujourd’hui d’ouvrir la porte en grand aux extrêmes.

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La campagne présidentielle « m’emmerde » pour le moment

Thomas Simonian | |
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Rendons-nous compte de la pauvreté de notre débat politique contemporain, alimenté par des médias « mainstream » devenus des machines à buzz. Nous venons de vivre une semaine cathodique avec une seule phrase, signée Emmanuel Macron, en fil rouge : « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. » Nous sommes ici clairement très éloignés des vertus premières du concept politique, la « Respublica » de Cicéron. Le locataire actuel de l’Élysée semble plutôt pratiquer avec talent une politique dite « moderne », plutôt proche de celle pensée par le philosophe Machiavel qui dissocie la morale de l’exercice du pouvoir. Qui met en lumière le pragmatisme. D’ailleurs ce qui est étonnant dans le traitement de cette information, c’est qu’au final personne ou presque n’aura abordé la citation la plus contestable du Président Macron dans cet échange avec des lecteurs du « Parisien » : « Un irresponsable n’est plus un citoyen. » Une sortie qui interroge sur la définition du citoyen : « Un individu considéré du point de vue de ses droits politiques ». Alors oui sans doute, pouvons-nous pointer du doigt l’égocentrisme de certains « antivax », mais en revanche nous ne pouvons pas à mon sens les mettre au ban de la société … Ils votent, ils paient leurs impôts, ils participent à la vie de la nation ; quelle drôle d’attaque de la part d’un Président censé rassembler ! Mais n’est-ce pas plutôt le candidat Macron qui a répondu à cette interview ? La réponse est sans doute dans la question.

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2022, l’année de tous les dangers

Thomas Simonian | |
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Que va nous réserver 2022 ? Le suspense n’a jamais été aussi grand, un constat qui n’est pas sans évoquer la pensée du philosophe Blanchot « L’homme de la peur, dans l’espace de sa peur, participe et s’unit à ce qui lui fait peur. Il n’a pas seulement peur, il est la peur. » 

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Le divorce avant le mariage, c’est ça la politique française !

Thomas Simonian | |
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Union. C’est le mot définitivement à la mode en politique. Chacun y va de sa filiation avec cette définition scandée par une candidate d’antan de l’autre côté de l’Atlantique : « La liberté signifie le droit des personnes à se rassembler, à s’organiser, et à débattre ouvertement. » Hillary Clinton avait cependant en 2016 la partie plus facile que nos candidats français. En effet, au pays de Buffalo Bill, deux blocs idéologiques et partisans se font face … Mais au pays des Lumières, le contexte est bien différent et le jeu politique est plus trouble, intellectuellement bien plus complexe et surtout les différences entre les uns et les autres sont philosophiquement plus affirmées et plus fines. Comme décrit par l’excellent politologue toulousain Stéphane Baumont dans son ouvrage « Les présidents de la République française » (ed. Milan), nous pouvons avoir en France dans le même camp politique « le conservatisme pompidolien et le réformisme de Chaban-Delmas, une « nouvelle société » destinée à remédier aux problèmes de la « société bloquée ». » Aujourd’hui aussi nous pouvons dresser les mêmes constats avec d’un côté « les gauches irréconciliables » théorisées par l’ancien Premier Ministre Manuel Valls, et de l’autre la droite dite de gouvernement (qui tente d’unir historiquement selon la tradition giscardienne le centre-droit avec la droite gaulliste) qui s’oppose à la droite « patriote » divisée entre Marine Le Pen et Eric Zemmour.

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Violence à tous les étages : Métropole Jekyll & Ruralité Hyde

Thomas Simonian | |
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J’avoue être surpris par la violence clivée, manifestée, visible et audible, de ce début de campagne présidentielle. Une violence dans les faits comme dans les mots, qui a touché quasiment tous les acteurs de l’échiquier politique. Il y a une France désespérée qui a tendance, et le phénomène pourrait malheureusement s’amplifier au fil des mois, à utiliser cette campagne pour exprimer un mal-être presque existentiel. Il y a donc aujourd’hui des visions différentes de la société qui s’affrontent sur un terrain de jeu avec de moins en moins de retenue … Les extrêmes sont bien réveillées, et se font malheureusement entendre dans le bruit et la fureur, ce qui en dit beaucoup sur l’état du pays. Nos réflexions personnelles à la veille du scrutin présidentiel devraient méditer les mots de Gandhi : « Ce que la violence t’a fait gagner, une violence encore plus grande te le fera perdre. » Il y a aussi une vraie part de responsabilité de la part de nos politiques, qui usent dans cette campagne d’un vocable non approprié, vulgairement agressif, non respectueux de nos valeurs cardinales. Et là-aussi personne n’est exempt, aucun camp politique. Je pense ici à Eric Zemmour qui taxe le président de la république d’ « adolescent » ou d’un « type qui n’est pas fini. ». Je pense aussi à Anne Hidalgo traitant ce même Zemmour de « guignol », ou à Jean-Luc Mélenchon invectivant la récente candidate LR Valérie Pécresse « deux tiers Macron et un tiers Zemmour » … Notre 5ème République avait oublié cette manière de faire et de dire la politique. Pour reprendre le titre d’une célèbre trilogie cinématographique c’est un « Retour vers le Futur » auquel nous assistons aujourd’hui. Un retour aux joutes parlementaires des 3ème et 4ème Républiques.

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Présidentielle : ça y est, on connaît la distribution !

Thomas Simonian | |
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Nous y sommes. La distribution du film « La course à l’Elysée » est enfin connue, et le week-end que nous venons de vivre aura été le véritable top départ de la campagne présidentielle … En espérant que cette dernière puisse se rapprocher du concept de l’utopie politique cher au philosophe Thomas More : avec de l’ouverture d’esprit et du débat de fond. Du côté gauche de l’échiquier, avec des sondages qui n’ont jamais été aussi bas pour ce courant de pensée (environ 25% en additionnant toutes les voix), les têtes de gondole ont bien du mal à faire rêver un électorat. Quatre candidats principaux sont donc en compétition : Fabien Roussel (PCF), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Anne Hidalgo (PS), Yannick Jadot (EELV). Je place volontairement Arnaud Montebourg de côté, car il est en réalité un trublion dont le positionnement laisse songeur … parfois à gauche de la gauche, parfois à la frontière du Zemmourisme. Mais cette gauche a oublié ses fondamentaux programmatiques, n’est plus audible pour le moment, et surtout manque d’une incarnation charismatique pour la porter. Pire, si les sondages devaient en rester là pour Anne Hidalgo, le PS sera poussé à « débrancher » sa candidate et à se ranger derrière Yannick Jadot car son avenir tout court serait alors en jeu … Une Hidalgo à moins de 5% ce serait une campagne non remboursée pour le PS, la chronique d’une mort annoncée pour un parti qui a été obligé pour survivre de vendre son siège historique (rue Solférino) il y a à peine quelques mois.

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L’hôpital, on s’en occupe quand ?

Thomas Simonian | |
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Depuis de trop longues années déjà les urgences de nos hôpitaux étaient sous tension. Notre système de santé n’avait pas attendu le virus de la COVID pour être malade. Suppressions de lits et de services, désertification médicale, opérations non urgentes déprogrammées, cours reportés dans les facultés de médecine …, cette longue liste de dysfonctionnements ne date pas d’aujourd’hui. Petit retour en arrière : les urgentistes avaient manifesté en septembre 2019, les personnels paramédicaux , les internes et étudiants en médecine avaient été eux-aussi dans la rue le 14 novembre 2019. Le 17 septembre 2020 une mobilisation infirmière avait également fait grand bruit. Tous ces mouvements avaient un point commun, un mot d’ordre qui était identique : « Sauver l’hôpital public ». Sarkozy, Hollande, Macron, même combat sur la question hospitalière : un échec total ! Un exemple parmi d’autres : la création en 2010 des Agences régionales de santé (ARS) qui ajouté à un système déjà défaillant une couche administrative supplémentaire … Comme l’illustration parfaite du mal français : une centralisation mortifère et une administration toute puissante. Un avis personnel : nous devons redonner plus de pouvoir aux médecins dans la gestion des centres hospitaliers, et ne plus laisser les « tecnos » et les administratifs prendre des décisions liées avant tout à une vision gestionnaire et comptable des choses.

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Elysée 2022 : la course des « petits chevaux »

Thomas Simonian | |
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Qui ne connaît pas le « jeu des petits chevaux » ? Ersatz du « Ludo » anglais, et apparu chez nous en 1936, toutes les générations ont depuis passé de belles soirées d’hiver avec ce jeu dont la règle ressemble assez au refrain tubesque d’Orelsan : « Basique, simple, simple, basique ». Or, nous assistons en ce début de campagne présidentielle à une véritable course de « petits chevaux » orchestrée par les instituts de sondage … Certes un retour en enfance pour nous tous, mais qui ne va certainement pas aider à la réhabilitation de la classe politique. Ne parlons pas d’horizon, ne parlons pas de condition humaine, et évitons surtout de parler de révolution verte … Non, ne parlons pas de l’urgence et de nos interrogations collectives ! Il semble en effet que pour le monde politico-médiatique seule la fameuse course des « petits chevaux » compte, quitte à oublier le sens de toute élection : « Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu’il faut faire ; je le ferais ou je me tairais », aimait scander un certain Jean-Jacques Rousseau. En 2022, nous sommes donc bien loin de la hauteur des enjeux définie par l’auteur du « Contrat social », et qui explique pour partie le détachement réel du peuple vis-à-vis de la chose publique. « Le politique ne s’intéresse pas à notre réel, alors zappons-le » dixit 70% des Français lors des derniers scrutins en date (municipales, départementales, régionales).

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Bloc contre bloc : la nouvelle France

Thomas Simonian | |
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Le politologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie a théorisé le phénomène dès 2019 (« Bloc contre bloc : la dynamique du Macronisme », ed. Cerf), pour en livrer un complément en 2021, à la veille de l’élection présidentielle (« Bloc populaire : une subversion électorale inachevée », ed. Cerf). Pour ce spécialiste de la vie politique, la France profonde pourrait se tourner cette fois-ci vers le populisme, à l’instar des États-Unis en 2017. Le politologue décrit une « crise organique » avec une issue qui pourrait être électoralement radicale car selon lui le populisme pointe le bout de son nez « lorsque le consentement au système fléchit sans pour autant qu’émerge une solution de remplacement ». La France de 2021, c’est donc un peu l’Amérique de Trump … Des métropoles CSP + qui votent Macron ou EELV, qui s’opposent frontalement et sociologiquement à une ruralité et à des villes moyennes qui flirtent désormais clairement avec les votes dits « extrêmes ». Cette France en souffrance ne supporte donc plus le « mainstream » et apparaît plus en force que jamais dans les sondages (Le Pen + Zemmour + Dupont-Aignan + Philippot = entre 35 et 38% selon les études).

De multiples exemples de ce « Bloc contre bloc »

Les oppositions idéologiques se font donc de plus en plus radicales, et sont quasiment quotidiennes. Le dialogue français n’est plus apaisé. Les débats font rage, partout et tout le temps, sur tous les sujets. Il y a quelques jours les écologistes ont relancé le débat autour de l’interdiction de la chasse … Bien entendu les chasseurs ont répondu. Un bon exemple d’une guerre qui ne dit pas son nom entre la France urbaine et la France rurale, chacun avec ses arguments. Comme un mur de l’incompréhension. Franz-Olivier Giesbert était invité le 9 novembre dernier de l’émission « C ce soir », à l’occasion de la sortie de son nouveau livre « Le sursaut : histoire intime de la V ème république » (ed. Gallimard). Lecture est faite d’un extrait de cet ouvrage : « J’habite Marseille, capitale française du cosmopolitisme, ville monde ou je suis heureux et ou je me sens chez moi. Mais souvent quand je me rends à la gare Saint-Charles en passant par la Canebière, j’ai le cœur serré parce que pendant le trajet je n’ai entendu personne parler français. Que va-t-il arriver à notre langue ? » La chroniqueuse Laure Adler, le wokisme en bandoulière, répond du tac o tac : « Bah c’est bizarre de dire ça Franz. Pourquoi vous écrivez ça ? (…) Vous êtes blanc quoi, et fier de l’être. Il n’y a pas assez de blancs autour de vous ? » Un échange surréaliste qui en dit long sur le climat du moment. Enfin le diablotin Zemmour est allé se recueillir devant le Bataclan (hommage suite aux attentats du 13 novembre 2015) tout en taclant avec virulence (et en étant pour le coup hors sujet) l’ancien Président de la République François Hollande : « Il a préféré que des Français meurent plutôt que d’empêcher des migrants de venir en France. » La chasse, la langue française et les attentats … Trois sujets différents certes, mais trois sources d’échanges anxiogènes et nauséabonds. Les blocs s’opposent avec violence. Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?

« Une guerre qui ne dit pas son nom entre la France urbaine

et la France rurale »

Petit conseil lecture

Ah au fait … « Le sursaut » n’est pas un livre idéologique, bien au contraire. FOG signe une œuvre majeure, une vision singulière et personnelle de De Gaulle. Un homme d’état visionnaire, sachant déléguer, et toujours à l’écoute de ses contradicteurs. L’auteur de « L’affreux » (essai qui a marqué mes lectures d’ado) dresse un portrait qui est loin de soutenir un quelconque manichéisme, et qui fait appel aux souvenirs de jeunesse. Il y a des hommages à ceux qui ont mis en avant le verbe « beau » (Hugo, Malraux, Revel et bien d’autres), des rappels à une époque, à des sons, à des mélodies (Brassens, Mouloudji …). Le père violent est de retour, la mère aussi discrète qu’aimante aussi, les grands-parents américains nous renvoient à des pages d’antan, et le personnel politique se pense en plein thriller, celui de la réalité. Tout s’entremêle. L’Histoire, les sensations, les sentiments, les douleurs personnelles et collectives. Juste un grand livre.

Quand Laure Adler critique de manière incroyable Franz-Olivier Giesbert