Des mots pour se souvenir de Brassens

Thomas Simonian | |
IMG 20211217 180737 | Mon Journal Local
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Hommage. La maison d’édition tarbaise « Arcane 17 » vient de publier un ouvrage collectif pour fêter les 100 ans de … Brassens ! Des auteurs de la région Occitanie saluent avec leurs mots la mémoire du « moustachu ». Nous avons lu et nous avons beaucoup aimé.

Il y avant tout un chef d’œuvre, « La Mauvaise Réputation ». Peut-être les plus beaux couplets du poète :

«  Le jour du 14 juillet
Je reste dans mon lit douillet
La musique qui marche au pas
Cela ne me regarde pas »

Il y a aussi son anniversaire. Ses 100 ans, son éternité. Le poète touche toutes les générations, peut-être même de plus en plus, tel un mystère qui s’épaissit. Un mythe de plus en plus présent. Pour le comédien et humoriste François Morel il s’agit même à l’occasion de cet anniversaire de « faire tomber les clichés sur son Brassens », et ainsi célébrer le Brassens « sur lequel il s’est construit ».

Il y a désormais un livre, « Mauvaise réputation », publié par la maison d’édition tarbaise Arcane 17. Un ouvrage collectif dans lequel écrivains, journalistes et artistes ont livré par les mots leur « Brassens ». Un projet dont Marie-Pierre Vieu-Martin, directrice des éditions Arcane 17, se dit « fière » : « Brassens c’est un poète. Ce sont des textes … avec de l’humour, parfois noir. Nous avons proposé à treize auteurs de la région Occitanie d’imaginer des scénarios à partir de titres de chansons de Brassens. Le résultat est assez détonnant. »

Nous confirmons. Le résultat est certes détonnant, mais surtout empreint d’un imaginaire sans limites. On part à travers les nouvelles dans toutes les directions de l’âme. Comme si Brassens en disait beaucoup sur nous-mêmes. Il y a une touchante nostalgie dans les douces images de l’auteur toulousain Brice Torrecillas avec « Celui qui a mal tourné ». Un retour en arrière avec des sensations, des lieux, des chansons … La femme de théâtre, oui celle du Théâtre des 7 chandelles de Maubourguet, Rosemonde Cathala, nous fait entrer dans un univers onirique « jusqu’à faire des prières et des danses d’incantation au marc de café porteur d’augures pour me fondre dans le devenir de sa voix rocailleuse ». Magnifique. Envoûtant.

La journaliste Caroline Constant avec son « Orage » (« le ciel se fâche ») est allée à l’intime, à l’introspection, à la relation avec l’autre, avec des images et des rendez-vous qui nous parlent en miroir . On pourrait également évoquer la poésie débridée et chantante du troubadour Claude Sicre, un chouchou, qui se raconte à travers le Sétois, ou bien encore le local de l’étape Pierre Domenges qui caresse l’icône en y mettant de la distance : « J’avais des tas de raisons d’être réfractaire au moustachu ». Pourtant il n’y a pas plus rock’n roll que Brassens … Il en convient à demi-mot. Sur la pointe des pieds. Avec justesse.

« Mauvaise réputation » est donc un livre hommage original, non complaisant, qui donne plusieurs points de vue, plusieurs éclairages. Brassens c’était bien plus qu’un artiste. C’était un poète, le peintre d’une époque, l’auteur d’une psyché collective, le réceptacle d’émotions partagées … Or ce livre est tout ça à la fois. Il nous plonge dans les souvenirs d’enfance et dans les méandres de la création. Pour tous les amoureux de Brassens et pour les autres, « Mauvaise réputation » est à lire dans le clair obscur, dans la sagesse des âmes. Du bel ouvrage.

Marie-Pierre Vieu-Martin présente Arcane 17 et « Mauvaise réputation » à notre rédaction

« Mauvaise réputation » éditions Arcane 17

Pour se le procurer : http://www.editions-arcane17.net/fr/livres/mauvaise-reputation

Le saxophoniste Fred Karato rend hommage à Brassens et a également mis en scène un spectacle sur le poète