Présidentielle : ça s’active en Bigorre pour soutenir Macron

Thomas Simonian | | ,
françois xavier brunet | Mon Journal Local
FX Brunet interroge : "L'alternative à Macron c'est quoi au fond aujourd'hui ? C'est soit l'extrême-droite, soit la droite ultra-conservatrice !" - Photo : MJL 65
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Élysée. La campagne présidentielle est déjà lancée même si le président sortant, un certain Emmanuel Macron, n’est pas encore officiellement candidat. En coulisses sa candidature est pourtant un secret de Polichinelle et les soutiens s’activent … En Bigorre, sous l’impulsion du député Jean-Bernard Sempastous, un comité de soutien co-présidé par Gaëlle Vallin (maire d’Argelès-Gazost) et François-Xavier Brunet (président de la CCI des Hautes-Pyrénées) vient tout juste de se créer pour fédérer les élus et les personnalités qui souhaitent encourager Emmanuel Macron dans sa quête d’un deuxième mandat présidentiel. Jacques Brune (Président de la communauté de communes de la Haute-Bigorre) et Pascal Claverie (1er adjoint au maire de Tarbes, membre du bureau de l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées) ont déjà répondu à l’appel. François-Xavier Brunet, qui est aussi membre du CESE (conseil économique social et environnemental), a pris le temps de répondre à nos questions : « Le bilan d’Emmanuel Macron est profitable pour le pays. »

Mon Journal Local 65 : Revenons en 2016 … Emmanuel Macron entrait alors en campagne, quelle image aviez-vous de lui ?

François-Xavier Brunet : Quand il a été nommé ministre j’ai été comme tout le monde un peu curieux sur le personnage. Mais très vite j’ai été extrêmement séduit, et notamment par son discours de la Mutualité en juillet 2016 qui avait préfiguré de tout ce qui allait se passer par la suite. Pour contextualiser mon approche, il faut dire qu’à ce moment-là, et même si j’étais alors élu à la mairie de Tarbes et à l’agglomération, je n’étais plus membre d’un quelconque parti … L’homme m’a donc très vite intéressé de par son volontarisme, sa pertinence, sa culture et sa densité, mais je ne pouvais pas imaginer à ce stade le destin fulgurant qui serait le sien. L’homme politique qu’il est transpire un dynamisme et une modernité qui ne pouvaient pas laisser insensibles les personnes qui comme moi ont un certain nombre de valeurs : l’humanisme, le libéralisme autant économique que sociétal ou bien encore le désir d’une Europe forte, le tout avec une approche pro-business. Je reconnais volontiers avoir voté pour lui dès le premier tour de la Présidentielle de 2017, avec ce ressenti que nous avions là un personnage hors du commun comme tous ceux qui ont eu des grands destins d’homme d’état. Fait marquant pour moi qui suis né en 1969, ce fut la première fois de ma vie que le Président de la République et le Premier Ministre (Edouard Philippe) étaient plus jeunes que moi. Cela peut paraître anecdotique dit comme ça, mais ça ne l’est pas … Dans le parcours d’un citoyen engagé dans la vie publique comme moi, c’est un fait qui interpelle. Emmanuel Macron a réellement tourné une page de notre histoire politique.

MJL 65 : Une fois élu Président Emmanuel Macron a eu à traverser des crises qui resteront sans doute dans l’Histoire, celle des « Gilets Jaunes » puis celle du « Covid » … Qu’en retenez-vous ?

FXB : Incontestablement ce jeune Président a su faire face avec brio à des séquences plus que délicates à gérer. Les événements se sont en effet succédés, et on s’est ainsi vite aperçu que c’était un homme d’état. Être à la tête d’une grande puissance mondiale c’est savoir gérer l’imprévu, et lui l’a remarquablement fait. Il a démontré qu’il n’était pas là par hasard et qu’il était plus qu’à la hauteur de la mission. Il a redonné du prestige à la fonction, et on ne peut que constater que les Français en sont conscients. Preuve en est à quatre mois du scrutin présidentiel sa côte de popularité est beaucoup plus haute que tous ses prédécesseurs à la même période … C’est un signe qui ne trompe pas alors que nous sommes encore au cœur d’ une crise sanitaire inédite. La réalité, et quoique puissent dire ses opposants, c’est que nous sommes aujourd’hui l’un des pays au monde les plus vaccinés. Alors qu’il était de bon ton il y a quelques mois d’émettre des doutes à l’annonce du pass sanitaire, les résultats sont là ! Je souhaite également profiter de cet entretien pour souligner le soutien massif apporté par Emmanuel Macron à notre économie durant toute cette période. Je suis aux premières loges pour en témoigner … Ce qui a été fait a été remarquable, c’est même l’un des dispositifs mis en œuvre les plus efficaces de tous les pays occidentaux. Les faits sont là et les prévisions de croissance sont d’ailleurs à la hausse pour les mois à venir. Nous ne pouvons que constater le bon bilan du président sortant, et dans un monde terriblement instable je pense que courir d’autres aventures, tester une autre solution, serait hautement dangereux.

« Il a redonné du prestige à la fonction »

François-Xavier BRUNET

MJL 65 : Certains jugent Emmanuel Macron trop autoritaire …

FXB : Je n’ai jamais été chiraquien, mais Jacques Chirac disait : « Un chef c’est fait pour cheffer. » Je ne connais pas de grands leaders ou de grands managers qui ne sachent pas faire preuve d’autorité. J’ai pu le constater de par mes fonctions consulaires, c’est un Président qui sait en effet trancher quand il le faut, qui incarne oui avec une certaine autorité la fonction, mais qui est également un homme attentif aux autres et à l’écoute. Plutôt très sympathique même. Mais ne nous y trompons pas, l’autorité fait le caractère précieux et essentiel des démocraties. Elle s’exerce avec des contre-pouvoirs, sous le contrôle du Parlement et avec des rendez-vous électoraux réguliers comme juge de paix …

MJL 65 : Quel va être le rôle de ce comité de soutien ?

FXB : Son rôle va être de rassembler élus locaux et représentants de la société civile qui souhaitent la candidature du Président de la République. Il n’est pas neutre que certaines personnes engagées à divers niveaux dans la société puissent se regrouper pour exprimer leur souhait qu’Emmanuel Macron soit candidat à sa propre succession … Et nous ne désespérons pas d’être entendus ! (sourire) … Même si nous ne pouvons pas préjuger de la réponse.

MJL 65 : Pouvez-vous témoigner du lien particulier qui unit le Président de la République à notre département ?

FXB : Chacun connaît, de par le traitement médiatique, le lien affectif qu’entretient Emmanuel Macron avec les Hautes-Pyrénées et avec Bagnères en particulier. Ensuite, il n’y qu’à observer le traitement de certains dossiers par l’exécutif pour se rendre compte de l’attention toute particulière que le Président accorde à la Bigorre. Regardez tout ce qui a été fait pour soutenir Lourdes durant la crise sanitaire, c’est juste remarquable. Il y a eu une feuille de route programmée spécifiquement pour Lourdes, et soutenue avec force il faut le souligner par le secrétaire d’état au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne. Vraiment le « Plan Action Lourdes » est la volonté du Président de la République, et c’est une belle preuve d’amour. Mais nous pourrions également parler du dossier de l’usine CAF à Bagnères de Bigorre, de celui de Tarbes Industry à Tarbes, de celui de l’hôpital unique ou bien encore du Pic du Midi … Les dossiers sur lesquels nous avons eu un soutien appuyé sont donc nombreux, ce qui me fait d’ailleurs dire que nous aurions peut-être pu lui en présenter d’autres (sourire). L’attachement d’Emmanuel Macron aux Hautes-Pyrénées est certain, évident. C’est donc plutôt logique qu’on lui témoigne en retour un certain attachement …

« La démocratie française se grandirait à accepter de substituer la culture du compromis à la culture de l’affrontement »

François-Xavier BRUNET

MJL 65 : A droite comme à gauche le paysage politique se radicalise, est-ce une source d’inquiétude pour vous ?

FXB : Je m’en inquiète clairement, et c’est d’ailleurs aussi pour cela que je soutiens avec force cet axe central porté par Emmanuel Macron. La démocratie française se grandirait à accepter de substituer la culture du compromis à la culture de l’affrontement. C’est à ce prix là que notre pays continuera à avancer, et à entrer dans une certaine modernité. Mais oui face à cette proposition politique humaniste, libérale et pro-européenne il y a une vraie radicalité qui s’exprime dangereusement. Je note qu’à droite le phénomène n’est pas nouveau, il date même de l’influence que Patrick Buisson avait sur Nicolas Sarkozy … On retrouve également cela à gauche avec ce que l’on appelle le « wokisme ». Notre société est en proie à une tentation de repli identitaire, et cela me fait peur. Je ne souhaite pas que mes enfants entrent dans la vie adulte dans un pays replié sur lui, survalorisant le passé, frileux et tremblant. Pour ma part je trouve que dans l’altérité et la différence il y a beaucoup de richesse. C’est dans l’échange avec l’autre que l’on se construit, et non dans la peur de l’avenir ; les discours que j’entends en ce début de campagne présidentielle m’effraient plutôt. L’alternative à Macron c’est quoi au fond aujourd’hui ? C’est soit l’extrême-droite, soit la droite ultra-conservatrice ! C’est tout ce que je ne souhaite pas pour mon pays, et c’est aussi pour cela que j’ai décidé de m’investir avec humilité dans cette campagne. Mes références politiques sont connues, Giscard – Barre – Léotard, et j’en suis très fier … Je n’ai jamais changé de convictions depuis trente-cinq ans, et j’ai toujours porté les valeurs de la liberté et de l’ouverture aux autres. L’extrême-droite ce n’est pas ma tasse de thé, et le combat des valeurs sera très certainement l’un des enjeux de cette Présidentielle.

FX Brunet en compagnie du Premier Ministre Jean Castex – Photo : Facebook

F.X Brunet a été signataire avec de nombreux chefs d’entreprises de la tribune « Un quinquennat pour l’entreprise » en soutien à E. Macron, publiée le 16/12 dans « Les Echos » : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-un-quinquennat-pour-lentreprise-1373154